Interdiction de la marche à Alger : laborieuses justifications

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Interdiction de la marche à Alger : laborieuses justifications

Message par Abdel_hak le Mar 8 Fév - 13:07

Les interventions se succèdent pour délégitimer la marche de samedi, rivalisant d’indigence dans l’argumentaire justifiant son interdiction. Considérons, à titre d’exemple, les deux dernières protestations émises par Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme, et par Mustapha Boudina, président de l’Association nationale des anciens condamnés à mort.
Le premier, détenteur désigné de la cause des droits de l’Homme en Algérie, mais plus assidûment chargé d’assurer le bon accueil social aux terroristes “repentis”, trouve simplement qu’Alger n’offre pas la garantie de sécurité à d’éventuels manifestants. Ou, plutôt, trouve-t-il, que la meilleure manière de leur assurer cette sécurité, c’est de leur interdire de manifester.
Maître Ksentini ne va pas jusqu’à renier le droit de revendiquer, mais il en redéfinit la manière : “Les gens qui projettent de faire des marches ont des revendications. Ils peuvent exprimer leurs revendications autrement : par la presse, des réunions, des conférences de presse… On peut s’exprimer pacifiquement et utilement”, précise-t-il. Parce que manifester n’est pas pacifique ni utile ! Le président de la CNCPPDH ne semble pas saisir le sens d’une action populaire. Celle-ci a pour vocation de mesurer l’audience d’une requête ; et si les démocraties les mieux établies ne l’ont pas encore bannie, c’est parce qu’on n’a pas encore trouvé meilleur moyen pour évaluer l’ampleur concrète d’une pétition. Tout le monde n’a pas droit à la conférence de presse !
“Un attentat à Alger lors d’une marche peut faire des dégâts humains considérables”, nous apprend Ksentini. Et un attentat à Batna, il ne ferait pas “des dégâts humains considérables” ? Pourtant, les marches n’y sont pas interdites et personne n’a conseillé au président de ne plus retourner à Batna?
Depuis le temps que Ksentini annonce la reddition massive des terroristes qui se bousculent au portillon de la “réconciliation nationale”, n’en resterait-il qu’à Alger ?
Le sénateur Boudina qui, en dépit de l’interdiction légale, parlait de politique à des lycéens de Médéa, mettait les jeunes en garde contre… “la manipulation de leur colère”. Le président de l’Association nationale des anciens condamnés à mort puise, lui aussi, dans le registre de la sécurité : “Aucun parti ne peut se targuer de pouvoir organiser une marche sans que des dérapages se produisent.” On peut se demander par quelle métamorphose un homme engagé dans sa jeunesse jusqu’à endurer le risque de la guillotine se retrouve à devoir appeler les jeunes à ne rien faire parce que “ce n’est pas une raison pour s’adonner à des actes de vandalisme et de destruction !”
ç’aurait été tellement plus conséquent de leur apprendre à lutter… sans “s’adonner à des actes de vandalisme et de destruction”, puisque Boudina reconnaît que “les problèmes sont légion”. Tellement “légion” d’ailleurs, qu’il en profite pour se plaindre que des “anciens condamnés à mort n’ont, à ce jour, pas de logement !”
Gageons donc que d’anciens condamnés à mort seront à la marche ! Mais sûrement pas pour un logement.
Les manifestations populaires ont de bien plus sérieux motifs que leur interdiction.


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Abdel_hak

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